« JE-SUIS »

«Je suis celui qui suis... Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est: JE-SUIS.» (Exode 3, 1...15)
Celui qui se croit solide, qu’il fasse attention pour ne pas tomber. (1 Corinthiens 10, 1...12)
«Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.» (Luc 13, 1-9)

Dans un film captivant, le réalisateur russe Mikhalkov, raconte l’histoire de la chute du régime communiste en Union soviétique. Il le fait à travers un dialogue très ouvert avec sa fille Anna, qu’il suit de son enfance à sa jeunesse. Mikhalkov montre les conséquences terribles qu’a vécues la société russe pour avoir petit à petit évacué Dieu de ses institutions, de ses églises, de sa vie publique et même privée. L’une de ses paroles s’est gravée dans ma mémoire: «Quand Dieu est absent, les sorciers se manifestent.» Cette parole me rappelait d’ailleurs une autre d’un penseur de chez nous: «Quand les prophètes se taisent, les mages apparaissent.» (P. Régis)
Nous avons un besoin vital de sacré dans nos vies. Ce sacré est la plupart du temps identifié à une divinité, à Dieu lui-même. Quand nous l’évacuons de notre vécu, il réapparaît sous des formes diverses, souvent inquiétantes: sectes, ésotérisme, etc., et il se donne ses propres prêtres, mages, sorciers, gourous, maîtres, etc. 
Une vie où Dieu est absent risque également de troubler sérieusement les valeurs qui nous viennent tout particulièrement du christianisme: le respect de la personne et de la vie, la recherche du bien commun et de la paix, l’attention aux plus démunis, le sens du service, etc. Tout cela, nous le disons spontanément, c’est «sacré». Quand Dieu disparaît de nos vies, le sens de notre existence se modifie peu à peu. Et d’autres «dieux» apparaissent qui souvent nous déshumanisent de plus en plus: le culte de l’argent, du pouvoir, du chacun-pour-soi, l’exploitation de la personne, le mépris des faibles, la violence, etc.
La vision du buisson ardent nous rappelle l’importance de la place de Dieu dans nos vies: «Je suis celui qui suis», dit Dieu. Et saint Paul le répétait aux Corinthiens: «Ne déplaisez pas à Dieu.» Mais il n’est jamais trop tard pour donner à Dieu la place qui lui revient dans nos vies. Pour notre plus grand bien. S’il le faut, nous pouvons toujours nous reprendre et nous convertir, comme le figuier de l’Évangile à qui le Seigneur donne encore une chance. 

Seigneur, la vie moderne nous emporte dans un tourbillon toujours plus rapide. Nous t’oublions trop souvent, absorbés que nous sommes à vivre et à survivre. Reviens réchauffer notre coeur et donner un vrai sens à notre vie. Amen. 


Jules Beaulac peut être rejoint par courriel à adplm@ntic.qc.ca et on peur visiter son site sur la Toile à www.public.sogetel.net/jbeaulac/index.html