Des êtres de désir
Jules Beaulac
![]()
Église St-Jean le long de la côte
Réflexions et
prières
pour les jours du temps de
l'Avent 2007
Droits d'auteurs
Des êtres de désir
Les enfants désirent des cadeaux pour Noël. Les amoureux désirent rencontrer la femme ou l'homme de leur vie. Les parents désirent ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants. Les chômeurs désirent un emploi. Les malades désirent la santé. Et ainsi de suite.
En fait, à regarder notre vie, nous constatons rapidement que nous sommes des êtres de désir. Et, si nous avons des désirs de tous les jours, nous en avons d'autres qui viennent du fond de nous-mêmes. Selon qu'ils sont comblés ou non, ils font ou défont notre être profond. Par exemple, nous désirons de toutes nos forces être aimés: c'est notre nature. Nous avons aussi un désir intense de Dieu. Saint Augustin ne disait-il pas: «Tu nous as faits pour toi et notre cœur n'a de repos qu'en toi?»
Dieu, lui aussi, est un être de désir. Dieu, comme un bon père, désire ce qu'il y a de mieux pour nous. Il veut être aimé de nous. C'est pour cela qu'il nous envoie son Fils. Jésus devient pour lui le signe visible de son amour pour nous et, pour nous, le chemin qui nous conduit jusqu'à lui.
Que cet Avent soit pour nous ce temps du long désir de Dieu, le nôtre pour lui et le sien pour nous.
Jules, prêtre
Revenir au début |
Un Moment sacré
|
nous écrire
Écrire à Jules Beaulac
Dimanche le 2 décembre, 1erdimanche de l'Avent, année A
Le temps du désir
Venez... marchons à la lumière du Seigneur.. (Isaïe 2, 1-5)
La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. (Romains 13, 11-14)
«Veillez donc... Tenez-vous prêts...» (Matthieu 24, 37-44)
Quand Lisette attend son Louis qui travaille toute la journée et fait même du «surtemps» le soir, elle regarde souvent à la fenêtre. Et quand il arrive, vite elle ouvre la porte et l'embrasse avec joie. «Que le temps me dure quand tu n'es pas là! Mais que le temps est bon quand tu es là!»
Plusieurs fois par jour, le petit Yannick demande à sa maman qui attend un bébé: «Quand est-ce qu'il va arriver?» Et sa maman le prend dans ses bras et lui dit doucement: «Sois patient! Ça ne sera plus bien long!» C'est qu'il a bien hâte!
Quand André, hospitalisé depuis deux semaines, entendit le docteur lui dire: «Demain, je vais vous donner votre congé», il bondit presque hors de son lit tellement il était content.
Qu'on attende son conjoint ou un petit frère ou son congé, on a le cœur plein d'espoir. La joie, à laquelle se mêle parfois un peu d'inquiétude et d'impatience, domine nos sentiments et illumine tout notre être. C'est que l'attente est un temps intense de désir: désir du conjoint qui vient, désir du bébé qui arrive, désir du congé qui se pointe.
Le temps de l'Avent est le temps de l'attente, le temps du désir. Après être venu parmi nous il y a deux mille ans, le Seigneur Jésus nous a promis qu'il reviendrait mais il ne nous a pas dit la date de son retour. L'Avent nous est donné pour célébrer notre attente, pour chanter notre désir.
Alors, comme Lisette, comme Yannick, comme André, nous attendons le Seigneur, nous l'espérons, nous le désirons. Nous veillons avec ferveur afin de ne pas le manquer. Nous avons hâte de le voir. Nous habillons notre cœur d'espérance et nous disposons tout notre être pour bien le recevoir.
Le temps de l'Avent est, en raccourci, l'image du temps de notre vie, du temps de notre monde. Notre vie n'est-elle pas en effet une longue marche à la rencontre du Seigneur qui nous a déjà précédés, un long Avent? Et notre monde n'est-il pas un vaste chantier qui se prépare, du mieux qu'il peut, à accueillir le Seigneur quand il viendra à nouveau parmi nous, un long Avent, lui aussi?
C'est pourquoi ce n'est pas un luxe d'être en Avent une fois par année. Nous avons besoin de réinventer notre attente, de réécrire au creux de notre cœur notre désir de voir le Seigneur, de nous rappeler aussi le désir de Dieu de nous serrer tout contre lui.
Seigneur, viens. Nous t'attendons avec joie et nous te désirons de tout notre être.
Amen.
Lundi le 3 décembre, Saint François Xavier
Trois êtres de désir
«Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.» (Matthieu 8, 5-11)
Voici un serviteur très malade: paralysé, il souffre terriblement. Il n'a qu'un seul désir: guérir.
Voici un centurion, complètement effondré devant la maladie de son serviteur. Lui, qui commande à ses serviteurs et à ses soldats, s'humilie devant le Seigneur. Il quête la guérison de son serviteur. Poussé par la pitié, peut-être aussi par la crainte de perdre un bon serviteur, et encore plus, sans doute par l'amitié qu'il a pour lui, il n'a qu'un seul désir: que le Seigneur le guérisse!
Et voici Jésus. Touché par la foi de cet homme et saisi au cœur par la souffrance de son serviteur, il n'hésite pas: «Je vais aller le guérir.» Il n'a, lui aussi, qu'un seul désir: redonner la santé à ce serviteur.
Les vrais êtres de désir enracinent leurs actes dans l'amour des autres et dans la recherche de leur bonheur et ils ont le cœur blessé de compassion.
Seigneur, tu connais mes blessures, mes maladies, petites et grandes. Si tel est ton désir, guéris-moi, même si je n'en suis pas digne.
Amen.
Mardi le 4 décembre, Saint Jean de Damas
Le bon vouloir du Père
«Père, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.» (Luc 10, 21-24)
Les sages possèdent la sagesse, du moins c'est ce qu'ils croient! Les savants possèdent la science, c'est du moins ce qu'ils pensent.
Mais les tout-petits, ceux qui n'ont encore ni sagesse ni science, qu'est-ce qu'ils ont, qu'est-ce qu'ils sont? Ils n'ont rien et pourtant ils sont tout pour leurs parents, pour la famille, pour la société même. Ils sont l'avenir, ils sont le trésor du futur. Et dès leur naissance et même avant, ils deviennent vite le centre d'attraction de tous. C'est pourquoi les parents formulent tant de désirs pour eux: ils les veulent beaux, forts, sains, heureux.
Et les tout-petits, pour le Seigneur, qu'est-ce qu'ils sont? Ils sont ceux à qui il réserve ses plus beaux secrets. Ils exercent sur lui une sorte de fascination divine: les pauvres, les faibles, les petits, seront toujours ses préférés. C'est un tout petit enfant qui naîtra à Noël: le fils bien-aimé du Père. Il deviendra le désiré des nations et le salut du monde. Ainsi a été le bon désir du Père.
Seigneur, dans ta bonté, donne-moi un coeur d'enfant. Que je goûte à tes secrets.
Amen.
|
L'autre jour,
j'ai reçu |
Mercredi le 5 décembre
Désir-confiance-espoir
De grandes foules vinrent à lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d'autres infirmes. (Matthieu 15, 29-37)
Qu'est-ce qui pousse ces «grandes foules» à se déplacer avec leurs malades, leurs infirmes, leurs handicapés, pour venir jusqu'à Jésus? Cela tient en quelques mots: confiance en Jésus qui peut faire des miracles, espoir qu'il puisse leur redonner la santé et désir profond que tout cela se réalise.
Mais il y a un sentiment qui domine tous ceux-là. C'est l'amour. Amour des foules pour leurs malades et pour Jésus. Et amour de Jésus pour eux et leurs souffrants.
Qui demeure insensible devant la souffrance? Un désir monte spontanément du coeur: c'est que tous retrouvent un mieux-être. Ce désir n'est pas simple pitié mais amour profond de compassion et supplication ardente de guérison.
Présentons au Seigneur nos souffrants. Avec le même désir, la même confiance et le même amour.
Seigneur, que de douleurs et de souffrances dans notre monde! Nous te les apportons avec confiance. Soulage-les, toi qui viens pour tout sauver.
Amen.
Jeudi le 6 décembre, Saint Nicolas
Le désir du Père
«Il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.» (Matthieu 7, 21-27)
Le désir de notre Père du ciel, c'est que nous découvrions un peu plus, chaque jour, qu'il nous aime comme ses enfants chéris et que nous nous émerveillions de cet amour qu'il a pour nous. Que nous soyons riches ou pauvres, heureux ou malheureux, grands ou petits, honnêtes ou voleurs, le Seigneur nous aime. Quel père rejetterait un seul de ses enfants? Dieu nous aime à la folie, sans conditions aucunes, n'oublions jamais cela.
Le désir de notre Père, c'est que nous l'aimions. C'est que nous soyons contents de lui. Dieu, au fond, est un immense «quêteux» d'amour. Dieu ne veut pas simplement être obéi, il veut être aimé de nous, cela non plus, il ne faudrait pas l'oublier.
Le désir de notre Père, ce n'est pas de nous imposer sa volonté comme un tyran le ferait. C'est que nous marchions avec lui, jour après jour, main dans la main, en amour et en confiance réciproques et qu'ainsi nous empruntions la voie la plus sûre du bonheur.
Ô Père, je suis ton enfant. Je sais que tu es en amour avec moi. Que je sois aussi en amour avec toi selon ton désir.
Amen.
Vendredi le 7 décembre, Saint Ambroise
Le désir des souffrants
Deux aveugles suivaient Jésus en criant: «Aie pitié de nous, fils de David.» (Matthieu 9, 27-31)
Au temps de Jésus, être aveugle, ce n'est pas simplement le fait de ne pas pouvoir voir. C'est aussi le fait d'être condamné à gagner difficilement sa vie et à s'insérer tout aussi difficilement dans la société. Pas étonnant alors qu'ils crient vers le Seigneur pour qu'il leur ouvre les yeux. C'est là leur plus grand désir. Jésus le désire autant qu'eux mais non sans faire appel à leur foi: «Que tout se fasse pour vous selon votre foi!»
Le désir des souffrants est, bien sûr, de ne plus souffrir. C'est normal. Beaucoup le demandent au Seigneur dans la simplicité et la force de leur foi. Beaucoup prient ou demandent des prières pour eux ou pour l'un des leurs qui souffre. À travers ces prières, se manifestent leur grande confiance au Seigneur et leur désir d'une vie meilleure.
Prions le Seigneur pour tous ceux qui traversent les ténèbres de la douleur, de l'angoisse, de la détresse, pour qu'ils trouvent un peu de lumière.
Seigneur, sois ma lumière et mon salut.
Amen.
Samedi le 8 décembre, Immaculée Conception de la Vierge Marie
La désirée de Dieu
«Le Seigneur a fait pour toi des merveilles, Vierge Marie.» (Refrain du psaume 97)
Il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard. (Éphésiens 1,3-12)
«Tu vas concevoir et enfanter un fils...» (Luc 1, 26-38)
C'est en réfléchissant à la belle parole de saint Paul aux Éphésiens que nous pouvons mieux saisir le mystère de cette fête de l'Immaculée Conception et aussi le mystère de chacune de nos vies. C'est d'abord et avant un mystère d'amour.
De même que Marie fut choisie, fut désirée, par Dieu pour devenir la mère de son fils et que, pour cette grande mission, il lui fit le cadeau d'une conception immaculée, de même, nous aussi, nous avons été choisis et désirés par le Seigneur pour accomplir la mission à laquelle il nous a destinés.
«Avant la création», le Seigneur nous a aimés assez pour nous choisir. Il nous a désirés assez pour nous lancer dans l'existence en espérant que nous correspondrions à son désir. Car l'amour n'impose rien de force, il propose dans la confiance et il demande en espérant un «oui» de notre part. Marie n'a pas été forcée de devenir la mère de Jésus. C'est après un dialogue avec l'ange qu'elle a dit: «Je suis la servante du Seigneur, que sa parole s'accomplisse en moi.»
Quand Dieu appelle quelqu'un selon son désir, il le prépare en conséquence. Dieu a disposé Marie à sa mission de mère de Jésus jusque dans sa conception immaculée. Dieu nous a préparés à ce qu'il attend en nous donnant des parents, une famille, des talents, un pays, la foi, etc. Et, comme Marie, nous essayons, de jour en jour, bien plus, nous désirons, de tout notre coeur, répondre à ce désir de Dieu.
Cette histoire entre Dieu et nous, entre Marie et Dieu, est une belle histoire d'amour. Car il faut aimer beaucoup pour faire confiance aux faibles créatures que nous sommes et il faut aussi beaucoup d'amour pour compter sur la force de Dieu qui nous accompagne, jour après jour.
Mais, soutenus par ce double amour, nous avançons dans les choix de Dieu. Marie n'est pas devenue mère seulement le jour de la naissance de Jésus: elle l'a été dès l'annonce de Gabriel et jusqu'au pied de la croix et même après. Pour nous, c'est pareil: le désir de Dieu sur nous nous accompagne toute notre vie et notre désir de lui plaire nous suit partout... Comme deux amoureux!
Ô Marie, conçue sans péché, choisie et désirée de Dieu, aidez-nous à reconnaître et à accomplir ses choix et ses désirs sur nous.
Amen.
Dimanche le 9 décembre, 2e dimanche de l'Avent, année C
La joie des serviteurs de Dieu
«Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère...» (Baruch 5, 1-9)
«Chaque fois que je prie pour vous tous, c'est toujours avec joie...» (Philippiens 1, 4-11)
La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. (Luc 3, 1-6)
La liturgie de ce dimanche nous met en présence de trois grands serviteurs de Dieu: le prophète Baruch, l'apôtre Paul et Jean Baptiste. Les trois ont ceci de commun, c'est que la joie habite leur cœur.
Le premier, Baruch, apparaît comme celui qui annonce à Jérusalem des jours meilleurs, des jours de joie, de justice, de bonheur. Il faut lire attentivement et tranquillement la première lecture d'aujourd'hui: c'est un hymne à l'espérance doublé d'une écriture poétique très rafraîchissante. Comme il fait bon de s'entendre dire: «Jérusalem, tes enfants se réjouissent parce que Dieu se souvient.»
Le second, Paul, qui était très attaché, «dans la tendresse de Dieu», aux Philippiens, n'hésite pas à leur dire qu'il prie pour eux, comme tout bon pasteur, et que sa prière se fait dans la joie «à cause de ce que vous avez fait pour l'Évangile en communion avec moi.» Voilà la joie du pasteur: non seulement il aime ses brebis d'un bon amour mais surtout parce qu'elles conforment leur vie au saint Évangile.
Enfin Jean Baptiste, dont on parle aujourd'hui et dimanche prochain, tire principalement sa joie de sa profonde humilité. Il n'est pas du type à chercher les premières places, il cherche plutôt à «diminuer» pour que le Seigneur «grandisse». Il n'est pas non plus du type à se défiler devant ses responsabilités: il fait et dit ce que le Seigneur attend de lui, même si cela doit lui coûter la vie.
Pour nous, bien sûr, nous ne sommes pas des Baruch, des Paul ou des Jean. Mais nous pouvons leur ressembler en faisant briller aux yeux des autres la joie de Dieu qui habite en notre cœur. Être heureux, comme Baruch, d'être des témoins d'espérance devant les gens qui sont plongés dans la tristesse ou noyés dans l'angoisse. Tirer sa joie, comme Paul, de notre prière envers les personnes qui nous sont chères et qui marchent le mieux possible dans les voies de Dieu. Tendre vers la joie de l'humilité, comme Jean, afin d'être toujours vrais envers les autres et exactement à sa place aux yeux de Dieu.
Saint Baruch, saint Paul et saint Jean Baptiste, donnez-nous un peu de votre joie, de votre foi, de votre humilité et de votre amour des autres. Amen.
Lundi le 10 décembre, 2e semaine de l'Avent
Le désir du pardon
Jésus dit au paralytique: «Tes péchés sont pardonnés». (Luc 5, 17-26)
Quelle joie quand quelqu'un s'entend dire: «Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je te pardonne tous tes péchés»! Qui, parmi nous, ne veut pas ressentir cette joie? Quelle joie aussi pour celui qui dit à celui qui l'a offensé: «Je te pardonne. Ne t'inquiète pas. Je t'aime toujours!»
Le paralytique était venu voir le Seigneur pour se faire guérir de sa maladie. Mais il dut être fort content que Jésus commence par le libérer de ses péchés et surtout par lui faire sentir que Dieu l'aimait bien au-delà de ses fautes.
Quant à Jésus, son désir le plus grand était justement de débarrasser cet homme de la maladie spirituelle qui alourdissait son coeur. Jésus, en cet instant, devient, devant tous, le signe vivant et efficace de l'amour miséricordieux de son Père, amour qui ne se dément jamais.
Les gens ont bien pu s'écrier: «Aujourd'hui, nous avons vu des choses extraordinaires!»
Seigneur, j'ai péché contre toi. Redis-moi que tu me pardonnes et surtout que tu m'aimes toujours. C'est là mon désir le plus profond.
Amen.
|
Un jour,
Martin dit à son père:
Son père lui dit: «Très bien, mon fils, |
Mardi le 11 décembre, Temps de l'Avent ou Saint Damasse 1er
Le désir d'être libéré
«Si un homme possède cent brebis et que l'une d'elles s'égare...» (Matthieu 18, 12-14)
Lucien, incarcéré, n'attendait qu'une caution pour sortir de son cachot. Le jour où il trouva une personne assez charitable pour lui rendre la liberté, il sautait de joie. Marie n'a pas d'argent pour s'acheter un manteau. Pourtant elle en a bien besoin. Quand Hélène lui offrit de lui prêter la somme nécessaire, elle lui sauta au cou.
Une brebis s'était perdue et souffrait beaucoup de son égarement. Ah! qu'elle désirait être repérée et récupérée par son berger! Quand le berger la trouva, qu'il la mit sur ses épaules et fit la fête pour elle, elle découvrit jusqu'à quel point ce berger l'aimait.
Jésus est notre berger et nous sommes ses brebis. Il nous arrive, nous aussi, de nous perdre dans les marais du péché ou dans les forêts de l'indifférence. Cultivons en nous le désir de revenir au Seigneur pour qu'il nous prenne dans ses bras et nous serre contre son coeur.
Seigneur, je m'éloigne si souvent de toi et tu cours si souvent après moi que, des fois, je ne me sens pas digne de ton amour. Et pourtant, tu m'aimes toujours. Je ne te remercierai jamais assez.
Amen.
Mercredi le12 décembre, Notre-Dame de la Guadeloupe (Bl.)
« Venez à moi... »
«Venez à moi, vous tous qui peinez... je vous procurerai le repos.» (Matthieu 11, 28-30)
«Vous, les gens fatigués qui cherchez du repos, les faibles qui voulez de la force, venez à moi», dit le Seigneur. «Vous, les malheureux qui désirez du bonheur, les pauvres, de l'argent, les seuls, de la compagnie, les chômeurs un emploi, venez, venez. Vous tous qui désirez ardemment ce qui vous manque, venez, n'ayez pas peur!»
«Toi, Luc qui veux t'éloigner de la cocaïne; toi, Marianne qui veux cesser de fumer; toi, Mario, qui veux tant te libérer du jeu; toi, Luce, qui veux rompre avec ton verre d'alcool quotidien. Venez tous à moi, venez vous reposer!»
Le Seigneur veut être notre repos quand nous n'en pouvons plus, notre espérance quand tout semble fini, notre force quand nous sommes faibles, notre lumière quand il fait nuit dans notre vie. C'est son plus grand désir.
Allons à lui avec ce qui nous fait mal. Il nous soulagera.
Seigneur, tu sais mes faiblesses et mes besoins, tu connais mes désirs les plus chers. Viens à mon aide. J'ai confiance en toi.
Amen.
|
Victor
aimait Joanna |
Jeudi le 13 décembre, Sainte Lucie (R.)
Le désir de la sécurité
«Ne crains pas, je viens à ton secours... toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur...» (Isaïe 41, 13-20)
Hier, à la télévision, il y avait un reportage sur les enfants de la rue au Brésil. Ils vivent de petits commerces, couchent à la belle étoile, se font voler le peu qu'ils ont, bref, ils sont dans la peur perpétuelle du lendemain. Leur désir? Trouver un peu de sécurité pour vivre en paix.
Aujourd'hui, par la voix d'Isaïe, le Seigneur nous dit: «Ne crains pas..., je ne t'abandonnerai pas... les petits qui cherchent de l'eau en trouveront... je changerai le désert en lac...» Le Seigneur désire pour nous tous, et surtout pour les petits et les pauvres, la sécurité, la paix, la douceur de la vie.
Mais il la désire par nous. Ce sont nos mains et nos coeurs, notre solidarité et notre partage, qui donnent aux petits la sécurité tant désirée. Souhaitons, en particulier, que les pays riches et puissants non seulement favorisent mais assurent la sécurité au-dedans et au dehors de leurs frontières par une recherche constante de justice, de paix, de pain et de joie.
Seigneur, avec toi, je n'ai pas peur. Tu es ma sécurité en personne.
Amen
.
premier reflet du matin sur le Saint-Laurent
COPYRIGHT
Michel CORBOZ
http://www.pbase.com/zobroc/quebec_hiver_winter
|
Seigneur! |
Vendredi le 14 décembre, Saint Jean de la Croix (Bl.)
Dansez, chantez, sautez...
«Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé...» (Matthieu 11, 16-19)
Y a-t-il quelque chose de plus désagréable que de jouer du violon ou de la guitare, de chanter devant des gens, quand ceux-ci ne réagissent pas? Le désir des musiciens, c'est de voir les gens entrer dans leur danse, de taper des mains et du pied, de faire la fête. Et, s'ils ne le font pas, ce n'est pas toujours la faute des artistes!
Jésus vient en notre monde. Il mange et il boit et on dit: «C'est un glouton.» Il se tient avec les publicains et les pécheurs et on dit: «Ce n'est pas correct!» Il y a des gens qui ne comprendront jamais le message qu'on leur envoie, le désir qu'on a de les aider. C'est comme s'ils n'avaient pas de main, quand on leur tend la main, pas d'oreille quand on leur chante une belle chanson ou qu'on leur joue une belle musique, ou pas d'espérance quand on essaie de la réveiller.
Que le Seigneur nous trouve attentifs à l'accueillir et joyeux de venir nous visiter! Que notre désir de le recevoir corresponde à son désir de venir nous voir!
Seigneur, nous avons décoré nos coeurs et nos maisons pour te recevoir.
Viens vite!
Samedi le 15 décembre
Le plus grand désir
Heureux ceux qui se sont endormis dans l'amour du Seigneur, car nous aussi, nous posséderons la vraie vie. (Siracide 48, 1-11)
Si le prophète Élie, dont il est question dans la première lecture, avait vécu de nos jours, il aurait certainement reçu le prix Nobel de la puissance de Dieu (si ce prix existait!) et le prix de la personnalité de l'année pour le feu qui brûlait son cœur de porte-parole de Dieu. C'était un grand homme de Dieu, redoutable et prodigieux. Il fut enlevé de terre dans un tourbillon de feu sous les yeux éblouis de son successeur Élisée.
Mais ce qui a retenu l'attention du Siracide, c'est que son bonheur est venu surtout du fait qu'il s'est «endormi dans l'amour du Seigneur». Voilà le désir le plus grand du prophète et aussi le nôtre. Quel bonheur, en effet, peut dépasser celui-là? Nous pouvons bien, sur la terre, désirer toutes sortes de choses ou de personnes. Nous pouvons bien aussi mener une vie «correcte» ou «pas correcte». Mais ce qui nous importe le plus, n'est-ce pas de «mourir dans l'amour du Seigneur» et de «posséder la vraie vie»?
Seigneur, donne-nous de vivre et de mourir dans ton amour.
Amen.
Samedi le 15 décembre
Le plus grand désir
Heureux ceux qui se sont endormis dans l'amour du Seigneur, car nous aussi, nous posséderons la vraie vie. (Siracide 48, 1-11)
Si le prophète Élie, dont il est question dans la première lecture, avait vécu de nos jours, il aurait certainement reçu le prix Nobel de la puissance de Dieu (si ce prix existait!) et le prix de la personnalité de l'année pour le feu qui brûlait son cœur de porte-parole de Dieu. C'était un grand homme de Dieu, redoutable et prodigieux. Il fut enlevé de terre dans un tourbillon de feu sous les yeux éblouis de son successeur Élisée.
Mais ce qui a retenu l'attention du Siracide, c'est que son bonheur est venu surtout du fait qu'il s'est «endormi dans l'amour du Seigneur». Voilà le désir le plus grand du prophète et aussi le nôtre. Quel bonheur, en effet, peut dépasser celui-là? Nous pouvons bien, sur la terre, désirer toutes sortes de choses ou de personnes. Nous pouvons bien aussi mener une vie «correcte» ou «pas correcte». Mais ce qui nous importe le plus, n'est-ce pas de «mourir dans l'amour du Seigneur» et de «posséder la vraie vie»?
Seigneur, donne-nous de vivre et de mourir dans ton amour.
Amen.
Dimanche le 16 décembre, 3e dimanche de l'Avent, Année A
Un désir joyeux
Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent! Le pays aride... qu'il exulte et crie de joie! (Isaïe 35, 1-6a.10)
Ayez de la patience... et soyez fermes, car la venue du Seigneur est proche. (Jacques 5, 7-10)
«Les aveugles voient, les boiteux marchent... et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres...» (Matthieu 11, 2-11)
Quand nous savons que notre désir va être comblé bientôt, notre attente se transforme, se transfigure en joie. Et plus notre désir est grand, plus notre joie, elle aussi, est grande.
La petite Sandra trépigne d'impatience à mesure qu'elle approche de Noël parce qu'elle sait qu'elle va avoir des beaux cadeaux: ça paraît dans ses yeux. Le jeune Alex a le sourire plein la figure à la pensée que bientôt il va pouvoir travailler avec un ordinateur tout neuf que ses parents lui ont promis. Cathy s'est fait belle en-dedans et en dehors pour recevoir Cédric, son amoureux, qui va venir ce soir. Les parents de Matthieu ont préparé la table et leur cœur à la pensée que leur fils va rentrer à la maison, cet après-midi, après s'être remis d'un grave accident.
Oui, quand on désire une chose et qu'on est tout près de l'avoir, on est content et on a hâte de l'avoir. Mais quand on attend une personne qu'on aime et qui nous aime, alors l'espace qu'il y a entre le désir et la rencontre devient un moment intense de joie intérieure, un temps d'espérance profonde. C'est pourquoi le temps qui s'écoule entre le désir et la possession est si important dans la vie: c'est lui qui fait vivre, qui permet aux parents d'attendre leur enfant prodigue, aux amoureux de s'attendre mutuellement, aux enfants de rêver.
Il en est de même pour nous avec le Seigneur. Nous savons que sa venue est toute proche et notre attente se fait plus intense. Notre impatience devient fébrile, notre désir nous brûle le cœur. C'est que nous comptons tellement sur lui pour panser nos blessures, guérir nos maladies, pardonner nos fautes, raffermir notre espérance, réchauffer notre amour, bref pour nous sauver.
Jésus qui vient, n'est-il pas en effet le plus beau cadeau de Dieu? Pouvons-nous en espérer un meilleur? Certes non. C'est pourquoi notre désir est si grand de lui et notre attente si joyeuse.
Seigneur, ne tarde pas trop, j'ai faim de toi. Seigneur, ne te fais pas trop attendre, j'ai soif de toi.
Seigneur, dis, quand viendras-tu? J'ai tant désir de toi.
Seigneur, viens, viens vite, que je te serre dans mes bras, que je t'embrasse avec joie et amour, que nous nous reconnaissions enfin!
Lundi le 17 décembre
Des générations de désir
Voici la table des origines de Jésus Christ. (Matthieu 1, 1-17)
Tous les jours, après son travail, Jean-François passe devant la porte de Julie. Jusqu'ici, il n'a pas osé frapper mais ce n'est pas l'envie qui lui manque. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Julie le regarde passer tous les jours aussi. Leurs désirs l'un de l'autre se rencontreront bien un jour. Et, alors, ce sera la grande joie, la réalisation magnifique de leur attente réciproque.
Pourquoi cette longue généalogie que Matthieu tient à écrire au tout début de son évangile? C'est la même chose. Chaque génération, c'est un peu le passage de Dieu devant la porte de l'humanité qu'il aime. C'est aussi le regard des humains vers ce Dieu qui se laisse attendre. C'est le temps du long désir de l'un et de l'autre. C'est un beau temps que celui du désir, c'est déjà un temps tout plein d'amour, de promesse et de joie.
Venez, divin Messie, venez. Il y a si longtemps que nous nous attendons. De génération en génération, votre coeur nous a préparés à cette rencontre et notre cœur vous a désiré. Ah! descendez!
|
T'es-tu déjà
demandé |
Mardi le 18 décembre
Joseph
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement... (Matthieu 1, 18-24)
L'histoire de Joseph est à la fois pathétique et magnifique. Mettons-nous un peu dans la peau de cet homme: époux de Marie, il découvre qu'elle est enceinte mais non de lui. Parce qu'il l'aime plus que sa peine, il ne veut pas la dénoncer publiquement. Joseph désire avant tout le bonheur de Marie.
Mais Joseph est un homme «juste» c'est-à-dire «ajusté» à Dieu. Son plus grand désir, c'est de faire ce que Dieu attend de lui, surtout dans une circonstance aussi délicate. Mais allez donc savoir! Le Seigneur le lui fait découvrir en songe. Tout heureux et de répondre à l'attente du Seigneur et aussi de retrouver Marie, il «fit ce que l'Ange lui avait prescrit, dit l'évangéliste Luc, et il prit chez lui son épouse».
Chez Joseph, le désir humain et le désir divin cohabitent en paix, l'amour et la foi fleurissent dans le même jardin. Qu'il en soit ainsi pour nous!
Seigneur, il y a des moments dans la vie où nous ne savons vraiment pas où se trouve ce que tu veux pour nous et par nous. Qu'il nous soit fait selon ton désir.
Amen.
|
Parlez-nous un peu du désir selon Dieu. |
Mercredi le 19 décembre
Zacharie
Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait de voir qu'il restait si longtemps dans le sanctuaire. (Luc 1, 5, 25)
Mais que fait donc Zacharie si longtemps dans le Temple? Plus longtemps que d'habitude! On peut dire: il fait son office de prêtre. Bien sûr!
Mais il fait autre chose aussi. Il écoute l'Ange Gabriel lui révéler des choses qui le laisseront muet de surprise. Zacharie est prêtre mais il est aussi l'époux d'Élisabeth, sa femme âgée et stérile. Combien de fois a-t-il prié le Seigneur de lui donner un enfant?
Zacharie est époux mais il est aussi prêtre. Comme tout croyant, il attend avec ferveur le Messie promis par les prophètes. Il prie pour cela, c'est sûr. Il n'est pas un simple «professionnel» de Dieu qui fait son devoir au Temple. Il est un espérant profond.
Zacharie sortira muet du Temple mais il sortira aussi le coeur comblé: sa femme lui donnera un enfant et Dieu donnera à son peuple un prophète qui annoncera le Messie lui-même.
Seigneur, tu es le Dieu surprenant et étonnant. Tu réalises nos désirs souvent d'une manière inattendue. Garde-nous la joie au coeur.
Amen.
Jeudi le 20 décembre,
Marie, la désirée de Dieu
«Tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus.» (Luc 1, 26-38)
Marie la choisie, Marie la désirée, Marie la préparée, Marie la Comblée-de-grâce. Oui, vraiment Dieu, depuis toujours et pour toujours, avait choisi Marie «entre toutes les femmes» pour être une actrice majeure dans l'accomplissement de son plan de salut.
Quand l'Ange Gabriel annonce à Marie qu'elle va devenir la mère de Jésus, le Fils de Dieu, deux grands désirs se rencontrent: celui de Dieu et celui de Marie.
D'une part, Dieu désire de tout son être montrer au monde qu'il l'aime et qu'il veut en être aimé. D'autre part, Marie, depuis sa tendre enfance, désire l'arrivée du Messie promis et tant attendu.
Surprise et bouleversée par l'annonce de l'Ange, elle s'incline humblement dans le service de Dieu: «Je suis la servante du Seigneur: que tout se passe selon ta parole».
Ô Marie, la désirée de Dieu, aide-nous à comprendre que, nous aussi, à la place prévue par Dieu, nous sommes les désirés de Dieu. Et aide-nous à le servir comme toi.
Amen.
|
Un soir d'hiver, par grand froid, |
Vendredi le 21 décembre, Saint Pierre Canisius S. J.
Le triple désir de Marie
Marie se mit en route rapidement... Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. (Luc 1, 39-45)
Quand une femme apprend qu'elle est enceinte, elle n'a qu'un désir: communiquer à ses amis, à ses parents, l'heureuse nouvelle. Marie ne fait pas exception à la règle. Vite, elle s'en va chez sa cousine lui annoncer l'événement.
Marie a aussi une autre raison d'aller visiter Élisabeth. C'est que celle-ci est également enceinte, de six mois. Marie, en femme charitable, veut l'accompagner dans les derniers mois de sa grossesse. Marie, la jeune femme, désire aider Élisabeth, la femme âgée.
Et puis, et surtout, Marie veut se réjouir avec sa parente de ce que les promesses de salut se réalisent. Ensemble, elles échangent leur foi et leur espérance. Élisabeth s'écrie: «Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi?» Et Marie chantera son «Magnificat».
Admirons ces deux femmes, ces deux futures mamans, ces deux croyantes.
Marie et Élisabeth, nous vous prions pour toutes les futures mamans. Donnez-leur un peu de votre joie et de votre foi.
Amen.
Samedi le 22 décembre
Le chant de Marie
«Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.» (Luc 1, 46-56)
Marie est heureuse, tellement heureuse qu'elle ne peut garder sa joie pour elle toute seule. Il y a, dans la vie, des moments de bonheur si intenses qu'ils débordent tout naturellement hors de notre coeur.
Cette exultation se produit quand nos désirs les plus chers se réalisent. Le petit enfant qui déballe ses cadeaux à Noël saute de joie. Le jeune qui trouve «la femme de sa vie» le dit à tout le monde. Les parents qui voient leur enfant guéri d'une maladie grave remercient le médecin et le Seigneur.
Marie a bien des raisons de louer le Seigneur: il s'est penché sur elle et les nations la proclameront bienheureuse. Et, par-dessus tout, par elle, un Sauveur sera donné au monde et les humbles seront exaltés tandis que les orgueilleux seront renversés. Cela vaut bien un beau «Magnificat».
Seigneur, quand je regarde ma vie, j'ai, moi aussi, bien des raisons de te louer et de t'exalter. Je ne le fais pas assez souvent malheureusement. Béni sois-tu!
Amen.
Dimanche 23 décembre, 4e dimanche de l'Avent, année C
Emmanuel
«Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, c'est-à-dire: Dieu-avec-nous.» (Isaïe 7, 10-16)
«Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint; elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, c'est-à-dire: le Seigneur sauve». (Matthieu 1, 18-24)
La liturgie de ce dimanche reprend, pour notre foi et notre espérance, le songe de Joseph, ce fameux rêve où le Seigneur l'invite à prendre chez lui Marie, son épouse, qui est enceinte mais non de lui. L'autre jour, nous avons médité ce récit en nous plaçant surtout du côté de cet «homme juste».
Aujourd'hui, prenons quelques instants pour regarder ce récit en nous plaçant du côté de Dieu, de son désir le plus profond. Dieu aime l'humanité de toutes les époques et de tous les lieux. Il souhaite de tout son coeur que cette humanité soit heureuse et qu'elle établisse avec lui une alliance d'amour et de bonheur.
Pour y arriver, Dieu a conçu un plan unique. Dans ce plan, il a voulu donner une preuve tangible de son désir de nous aimer et d'être aimé de nous: il nous a envoyé son propre Fils qui est né de la Vierge Marie. Il a voulu que son Fils devienne l'un des nôtres, qu'il soit à la fois tout à Lui et tout à nous. C'est pourquoi il lui a donné un double nom: Jésus qui signifie «Le Seigneur sauve» et Emmanuel c'est-à-dire «Dieu-avec-nous».
Ce dernier nom traduit merveilleusement bien le désir de Dieu non pas de nous regarder de haut comme un être puissant qui nous jugerait, nous punirait à la moindre faute et éventuellement nous condamnerait, mais comme un être aimant qui veut marcher à nos côtés, qui veut habiter avec nous et même en nous, qui veut, pour ainsi dire, nous prendre par la main pour nous montrer le chemin jusqu'à lui et nous serrer contre son coeur quand nous tombons ou que nous en arrachons sur les routes de la vie.
Célébrer Noël, c'est nous rappeler cela: Dieu a voulu et veut toujours être avec nous pour nous dire sans cesse: «Si tu savais comme je t'aime! Ne l'oublie jamais, surtout quand tu traverses des nuits de doute et des déserts de misère.»
Ô Jésus-Emmanuel, viens nous sauver, viens habiter notre terre, viens vivre avec nous, viens manger et boire avec nous, viens parler avec nous, viens travailler et souffrir avec nous, pour que nous nous levions et nous couchions avec toi, que nous te respirions à chaque instant. Oui, toi en notre coeur et nous en ton coeur.
Amen.
Le chant de Zacharie
À la naissance de Jean Baptiste, Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit saint et prononça ces paroles prophétiques: «Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël...» (Luc 1, 67-79)
Zacharie, le prêtre du Temple, l'époux d'Élisabeth, le père de Jean Baptiste, muet jusqu'à la naissance de son fils, retrouve soudain la parole pour dire deux choses importantes: d'abord pour donner un nom inusité à son fils: «Il s'appellera Jean... et non pas Zacharie» et ensuite pour chanter le Seigneur.
Zacharie est heureux, profondément heureux. Non seulement parce qu'il a recouvré la parole, non seulement parce qu'il a enfin un fils et que sa femme, avancée en âge, a retrouvé sa dignité de femme, mais surtout parce que celui qu'on attendait, qu'on désirait depuis si longtemps va se manifester et que c'est son fils qui va l'annoncer: «Et toi, petit enfant, tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu'il est sauvé... Telle est la tendresse de notre Dieu...»
Saint Zacharie, enseignez-nous à suivre les chemins du Seigneur et à le louer en toutes ses ouvres.
Amen.